*le fils du pauvre*

Viva l'autonomie de ma Kabylie chèrie

Jeudi 17 Avril 2008 à 16h40

C’est la fin de la semaine. Aujourd’hui je n’ai eu que trois heures de cours. J’ai pensé à faire un peu de footing ce soir mais depuis ce matin je suis victime d’une légère toux mais que je sens me promettre de s’aggraver.

      Dans trois jours cela sera le 20 Avril qui est une date symbole et repère dans la lutte pour le droit des peuples amazigh _et particulièrement kabyle_  à l’existence avec toute leur dignité et à l’épanouissement avec toute leur personnalité et leur spécificité culturelle, spirituelle, linguistique, identitaire et même et tout simplement morale. Le 20 Avril, il y aura une marche à laquelle a appelé le MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie), un appel que je n’ai pas eu l’occasion de lire, arraché probablement par des militants du RCD ou du FFS. Mais ceux qui y seront présents, le seront aussi et principalement dans le but de crier tout haut leur souhait d’une autonomie pour la Kabylie. Et mon Dieu sait combien je suis pour cette autonomie, combien j’en suis convaincu par un Salem Chaker qui dit dans tous ses écrits que le peuple kabyle a depuis toujours été indépendant au pouvoir central, notamment ottoman, avant l’arrivée des français. Il n’y a que ces derniers qui ont pu y accéder  41 ans après la tombée d’Alger en 1830. Et c’est depuis que la Kabylie s’est vu vivre sous le joug d’un colonisateur, ainsi que d’autres régions. C’est tout un grand territoire dont la Kabylie ne faisait qu’une partie qui s’est retrouvée face au même ennemi français, et qui s’appelait l’Algérie. C’est tout naturel qu’un nationalisme algérien voit le jour chez les kabyles, d’autant plus qu’avec sa politique de « diviser pour régner » la France nourrissait un anti-kabylisme chez les peuples des autres régions de l’Algérie.

Il aurait été de l’ordre des choses que la Kabylie demande de retrouver son autonomie régionale juste après l’indépendance de l’Algérie, mais cela n’a pu être le cas à cause d’un peuple kabyle nourrit depuis prés d’un siècle d’un nationalisme algérien. Mais bientôt ce nationalisme perdait de son intensité car cette Kabylie qui, en 1956, avait plus d’imjouhad, de combattants dans l’armée algérienne que toutes les autres régions du pays rassemblées, et qui s’est donnée cœur et âme dans la libération du pays, s’est vu opprimé dés 1963, et aujourd’hui encore. N’est ce pas une trahison ?

Oui une trahison des dirigeants du pays algérien qui sont les mêmes depuis l’indépendance mais aussi une trahison des autres régions du pays. Combien de fois la Kabylie s’est soulevée tel un seul homme afin d’appeler à sa reconnaissance avec ses spécificités mais aussi à la démocratie, la liberté d’expression et les libertés individuelles allant jusqu’à des émeutes et des boycotts scolaires, allant jusqu’à voir des centaines de ses élites et de ses combattants pour la démocratie condamnés (notamment Ferhat Mehhenni qui fut condamné douze (12) fois), torturés et aussi assassinés. Et dire que la Kabylie s’est toujours retrouvée seule dans son combat, un combat qu’elle a depuis toujours mené pour l’Algérie entière. Jamais une autre région ne l’a soutenue d’un geste aussi petit soit-il alors que la majorité d’entre eux sont prés à aller se battre auprès de leurs frères palestiniens et irakiens.

      C’est en 2001 après le massacre de plus de 125 de jeunes émeutiers kabyles par la gendarmerie nationale algérienne que la Kabylie a enfin constaté qu’elle est seule dans son combat et dans ses aspirations. Et c’est depuis que le MAK a vu le jour.