Je viens de rentrer de la marche organisée par la cellule estudiantine du MAK (Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie) à l'occasion de la double commémoration du printemps amazigh et du printemps noir. Comme il y a eu une autre marche du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) et une autre de la CLE (Coordination locale des étudiants). Je dirai qu'il y eu beaucoup plus d'étudiants derrière les banderoles de la CLE que celles du RCD et encore moins du MAK.
Ce que je retiens de meilleur dans cette marche, c'est qu'elle a été l'élément essentiel qui a servit à me détromper à propos de la conscience, des convictions et de la maturité politique de nos filles.
Elles ont constitué plus de 40% des rangs du MAK, toutes vêtues de jolies robes kabyles, toutes n'ont pas arrêté de clamer haut les slogans de toujours et aussi les nouveaux, de « pouvoir assassin » à « Kabylie autonome » en passant par « Nekni maci d-aâraben, Tamazight di-lakul » (On n'est pas des arabes, Tamazight à l'école).
Ce matin, avant la marche, je me suis dis qu'il n'y aura que quelques filles, à compter sur le bout des doigts, qui assisterons à cette marche, agrippées aux bras de leurs petits amis. Que ce que j'ai pu me tromper !
J'ai du mal à me concentrer sur ce que j'écris, je suis entrain d'écouter les chansons du nouvel album de Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie (MAK), sur le marché depuis hier. Je suis crevé, le mieux pour moi serait de faire une petite sieste.
23:57
Je n'arrive pas à dormir. Ce n'est pas évident de fermer les paupières la nuit d'une telle journée avec une émotion et une rage pareilles qui n'ont atteint leurs apogées qu'aujourd'hui, qui ont recommencé à se nourrir et à s'expliciter lorsque j'ai eu à lire « Algérie : Question Kabylie » de Ferhat Mehenni, président du MAK. Depuis, n'est passée une seule journée sans que je pense intensément à ce que Dda-Ferhat nous dit. Avec la marche de ce matin, avec toutes ces interviews réalisées par « La dépêche de Kabylie » pour des acteurs et témoins du Printemps Amazigh et du printemps noir, avec ce nouvel album de Ferhat Mehenni et plus particulièrement cette « lettre » de 16 min 26 sec, s'adressant aux jeunes kabyles et à la fin de laquelle il dit : « comme nos prédécesseurs, nous avons fait notre devoir. A vous de faire le votre, d'aller plus loin. ». Puis il crie avec une voix si forte si enthousiasmée et si révoltée, pourtant d'un homme de 57ans, avec un effet d'écho qui fait passer un long et dense frisson tout le long de mon corps, allant jusqu'à la douleur : « Vive la Kabylie ! »
Désormais, je suis « MAKiste ».